Comment gérer les eaux usées provenant des drains de plancher en assainissement décentralisé ?

Lorsqu’on lave des véhicules, des pièces mécaniques ou simplement des planchers d’établissements commerciaux, les eaux savonneuses entrent inévitablement en contact avec des hydrocarbures et des sédiments. Les eaux souillées se retrouvent au sol et sont évacuées par les drains de plancher du bâtiment. Or, ces eaux usées ne doivent pas être envoyées directement vers une installation septique: il faut donc les gérer adéquatement avant de les rejeter dans l’environnement.

Sources et types de contaminants

En milieu rural ou périurbain, les principaux établissements commerciaux qui génèrent des eaux contaminées par des hydrocarbures sont les suivants :

  • Les garages automobiles;
  • Les ateliers mécaniques pour véhicules lourds
  • Les aires de lavage d’automobiles ou de  véhicules lourds
  • Les stations-services

Les principaux contaminants que l’ou trouve dans les eaux de lavage sont: 

  • Essence ou carburant diesel
  • Huile pour moteur à essence ou à carburant diesel
  • Huile pour engrenage industriel ou pour différentiel de véhicules
  • Huile de lubrification
  • Huile pour système de servodirection
  • Huile pour transmission manuelle ou automatique de véhicules
  • Toute particule solide ayant touché l’un ou l’autre des contaminants précédents

Lorsque les eaux de lavage entrent en contact avec des hydrocarbures, différentes interaction sont possibles. La complexité du traitement à mettre en place dépend de la forme sous laquelle se retrouvent alors les hydrocarbures. Sommairement, ceux-ci peuvent prendre les trois formes suivantes:

  • Hydrocarbures libres (un film huileux flotte en surface) – ils se séparent facilement par gravité)
  • Émulsion (une huile d’apparence laiteuse apparaît dans l’eau) – les hydrocarbures se séparent alors difficilement par gravité
  • Hydrocarbures solubilisés (dissous dans l’eau par des agents solubilisants) – ils sont impossibles à séparer.

Cadre réglementaire

A priori, les eaux contaminées par de telles activités ne sont pas considérés comme des eaux usées d’origine domestique ou commerciale. Celles-ci ne peuvent donc pas être dirigées vers une installation septique, comme le prévoit le Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (Q2,r.22) de la Loi sur la qualité de l’environnement. Ces eaux usées ne peuvent pas non plus être traitées par un dispositif d’épuration des eux usées autorisé en vertu de l’article 32 de la Loi.  elles sont plutôt classées comme étant des eaux usées d’origine industrielle. Par conséquent, elles doivent être acheminées vers un dispositif de traitement  dont l’installation doit faire l’objet d’une demande de certificat d’autorisation en vertu de l’article 22 de la Loi.

Dispositifs de traitement

1- Séparateurs eau-huile

Le rôle d’un séparateur gravitaire eau-huile est d’intercepter, dans les eaux usées, les huiles ou les hydrocarbures qui ne sont ni solubles dans l’eau, ni présents sous forme d’émulsion.

1-1 Séparateurs classiques

Offerts sous forme rectangulaire (pour les petites applications commerciales) ou cylindriques (pour les débits plus importants), les séparateurs classiques offrent généralement le même type de rendement. Ces séparateurs sont ceux que l’on installe le plus fréquemment en assainissement décentralisé, lorsque les exigences de rejet en hydrocarbures sont de l’ordre de 15mg/l.

1-2 Séparateurs lamellaires

Dans les séparateurs lamellaires, les gouttelettes d’huile sont captées après n’avoir parcouru qu’une très courte distance: l’espacement entre les plaques (les lamelles) n’est que de deux à quatre centimètres.

1-3 Séparateurs à filtre coalescent

Il s’agit de séparateurs auxquels est ajouté un filtre coalescent dont la fonction consiste à agglomérer les gouttelettes les plus fines. Le polypropylènes et le PVC sont souvent utilisé comme matériaux coalescents. Ceux-ci ont des propriétés oléophiles, c’est-à-dire qu’ils ont une forte affinité avec les huiles. Ces propriétés favorisent l’agglomération de fines gouttelettes d’huile difficilement décantables pour former une goutte plus grosse qui remontera à la surface.

Il st important de noter qu’un séparateur gravitaire n’intercepte ni les huiles solubles ni celles présentes sous forme d’émulsion. Les huiles émulsifiées mécaniquement ou chimiquement, dont les gouttelettes sont de dimension inférieure à vingt microns, doivent être traitée par voie physico-chimique pour briser l’émulsion. Les huiles solubilisées dans l’eau peuvent être traitées dans un réacteur biologique.

2- Intercepteurs de sédiments

La présence relativement importante de matières en suspension dans les eaux de lavage est un facteur qui peut nuire à la séparation eau-huile. Les particules en suspension peuvent entraver la montée des gouttelettes d’huile lorsqu’elles décantent dans le séparateur, car l’accumulation de sédiments peut colmater l’espace entre les plaques et restreindre l’ascension de l’huile en surface.

Il est recommandé d’installer une chambre de décantation en amont du séparateur eau-huile. Il peut s’agir d’un réservoir distinct ou d’une chambre intégrée au séparateur même.

Habituellement, l’élimination finale de l’effluent d’un tel dispositif d’épuration des eaux de lavage se fait en surface (dans un cours d’eau ou un fossé) et un suivi environnemental de la qualité de l’effluent doit être réalisé. L’élimination finale par infiltration dans le sil est rarement acceptées par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Si vous avez des commentaires ou des questions à ce sujet, je vous invite à communiquer avec moi et il me fera plaisir de vous guider à ce sujet.

Christian Vézina, ing.                                                                                                              Directeur régional                                                                                                                          Ventes et développement stratégique

 

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