Les chambres d’infiltration : Des dispositifs de dispersion des eaux encore méconnus

Les chambres d’infiltration sont des dispositifs de dispersion des eaux qui ont fait leur apparition commercial au Québec au milieu des années 1990. Utilisées initialement pour disperser uniformément les eaux usées à l’intérieur d’un élément épurateur (installation septique), ces voûtes de plastique à fond ouvert ont évolué au cours des dernières décennies et sont maintenant couramment utilisées en gestion des eaux pluviales.

Eaux usées

Lorsqu’elles sont utilisées pour la dispersion des eaux usées, les chambres d’infiltration remplacent les tuyaux perforés et la pierre nette qui enrobe les conduites de distribution qui permettent la répartition des eaux clarifiées en provenance d’une fosse septique sur toute la surface d’infiltration. Les chambres d’infiltration peuvent être utilisées avec tout type d’élément épurateur : tranchées d’infiltration, lits d’absorption, filtres à sable hors sol ou enfouis et champs de polissage.

L’utilisation de ces chambres présente plusieurs avantages. Le principal est l’élimination de l’usage de la pierre d’enrobage autour des conduites de distribution. L’effet de masquage de la pierre reposant sur le sol naturel et réduisant la superficie réelle d’infiltration est ainsi éliminé. De plus, en éliminant l’usage de la pierre, on n’a plus à s’inquiéter de la qualité de cette dernière, principalement en ce qui a trait à la présence de particules fines, souvent présentes dans une pierre concassée non lavée et pouvant colmater la surface d’infiltration lors de leur migration  vers le sol naturel. La surface d’infiltration est ainsi protégée et optimisée. D’ailleurs, plusieurs provinces canadiennes permettent une réduction de la superficie des éléments épurateurs de 25 à 50 % étant donnée cette efficience d’utilisation de la surface d’infiltration disponible.

La configuration physique de la chambre d’infiltration (voûte à fond ouvert) permet une meilleure oxygénation de la biomasse qui se développe dans le massif filtrant. En assurant un apport maximal en oxygène, elle atténue le risque de colmatage par le développement d’une biomasse anaérobie gluante et peu perméable.

Fabriquées en PEHD, les chambres d’infiltration sont légères, ce qui facilite leur manutention et leur installation. Pour l’entrepreneur qui réalise les travaux, il en résulte une simplification de la mise en oeuvre et une réduction des coûts d’installation.

Tous ces avantages engendrent une réduction des coûts globaux d’installation. L’utilisation des chambres d’infiltration devient une option incontournable pour les sites éloignés où la non-disponibilité de la pierre est un facteur limitant pour la construction d’un champ d’épuration. Les endroits favorisant généralement l’usage de chambre d’infiltration sont donc les chalets, les campings, les camps de vacances et les villages éloignés.

Eaux pluviales

Dans la gestion des eaux pluviales, les chambres d’infiltration sont utilisées principalement à deux fins : comme dispositifs d’infiltration des eaux pluviales ou comme ouvrage de stockage pour les bassins de rétention.

Dans le premier cas, le rôle de la chambre d’infiltration est essentielle le même qu’en installation septique, et son usage est surtout réservé au secteur résidentiel. Les eaux de ruissellement en provenance de la toiture et des surfaces imperméabilisées sont interceptées et dirigées vers un îlot de chambres, lesquelles répartissent les eaux pluviales dans un dispositif d’infiltration comparable à un élément épurateur.

Un prétraitement peut être nécessaire dans le cas des eaux de stationnement afin de capter les sédiments, car ceux-ci peuvent colmater la surface d’infiltration, Pour certaines installations commerciales, un prétraitement d’enlèvement des huiles et hydrocarbures peut être requis afin d’éviter la contamination du sol et de la nappe phréatique. Évidemment, une étude de caractérisation du site et des sols doit avoir été réalisée préalablement afin d’établir le taux de charge hydraulique auquel les eaux pluviales peuvent être infiltrées et pour établir la superficie d’infiltration. Les configurations d’aménagement sont principalement les tranchées d’infiltration, les tranchées drainantes et les lits d’absorption.

Dans le cas des ouvrages de rétention, principalement utilisées pour des installations commerciales ou municipales, les chambres d’infiltration offrent un volume d’entreposage important qui permet de gérer les gros volumes d’eau de ruissellement générés lors de fortes précipitations. Lorsque les chambres sont installées sous la chaussée (stationnement, chemin d’accès, etc.), le matériau de fabrication est le polypropylène, qui procure une rigidité structurale plus importante que le PEHD.

Bien que l’objectif premier dans ce genre d’ouvrage soir la rétention et le relargage à débit contrôlé des eaux pluviales, la configuration d’aménagement peut permettre l’infiltration en partie des eaux pluviales lorsque les conditions du sol le permettent (sol perméable). On parle alors d’un ouvrage de rétention avec recharge de la nappe phréatique. Il est important de bien évaluer les caractéristiques du sol pour établir la portion devant être entreposée pour un relargage subséquent.

Nonobstant l’usage que le concepteur propose pour la gestion des eaux pluviales, les chambres d’infiltration demeurent une option économique, discrète (installation souterraine) et facile à mette en oeuvre pour l’entrepreneur.

 

Christian Vézina, ing.

 

 

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