Comment valoriser les matières résiduelles fertilisantes et les biosolides?

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Un des objectifs de la Politique québécoise concernant la gestion des matières résiduelles est de bannir l’enfouissement des matières organiques et leur incinération sans récupération significative d’énergie.

Les boues municipales ainsi que le contenu du bac brun font partie des matières visées par cette politique.

Bon an, mal an, au Québec, un peu moins d’un million et demi de tonnes de matières résiduelles sont détournées de l’enfouissement et de l’incinération grâce à la valorisation des matières résiduelles fertilisantes.

Dans cet article nous discuterons principalement des MRF produites par les procédés industriels et par les usines de traitement des eaux usées municipales.

Qu’est-ce qu’un résidu ultime ?

Les résidus ultimes sont des matières résiduelles que l’on retrouve à la fin du cycle de récupération, de recyclage, de tri. Ils sont non réutilisables, non recyclables, non compostables, en somme, ils sont non valorisables. De plus, ils ne sont plus susceptibles d’être traités pour réduire leur caractère polluant ou dangereux. On ne peut que les détruire ou les enfouir dans un lieu d’enfouissement technique (LET).

Les boues d’épuration et d’autres résidus industriels sont loin d’être des résidus ultimes. Ce sont plutôt des matières résiduelles fertilisantes.

Qu’est-ce qu’une matière résiduelle fertilisante ?


Tas de compost à l'extérieur

Les matières résiduelles fertilisantes (MRF) sont des résidus industriels ou municipaux destinés à entretenir ou à améliorer la nutrition des végétaux et les propriétés biologiques des sols. Elles sont riches en matières organiques et en nutriments et sont généralement utilisées comme engrais.

Les fumiers ne sont pas considérés comme des matières résiduelles fertilisantes.

Les matières résiduelles fertilisantes peuvent provenir des :

  • Boues de stations d’épuration des eaux usées
  • Résidus organiques de l’industrie forestière
  • Résidus des pâtes et papiers
  • Cendres industrielles
  • Poussière des cimenteries
  • Résidus de désencrage
  • Digestats de biométhanisation
  • Biosolides papetiers
  • Résidus de bois
  • Composts urbains

Mais avant de les épandre aux champs, on doit s’assurer que ces résidus industriels et municipaux respectent certains critères de qualité.

Contrôle de la qualité des matières résiduelles fertilisantes

Une caractérisation complète des matières résiduelles doit être réalisée pour être certain qu’elles sont conformes aux normes environnementales et agronomiques en vigueur.

On prélèvera des échantillons de la matière résiduelles en suivant le protocole DR-12-MRF-02 spécifique aux MRF tel que décrit dans le Programme d’accréditation d’échantillonnage environnemental (PAÉE) du Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changement climatique (MELCC).

Classification C, P, O, E

Les échantillons seront catégorisés selon la classification C-P-O-E :

  • Teneurs en contaminants chimiques
  • Teneurs en agents pathogènes
  • Paramètres organiques
  • Corps étrangers.

Les échantillons prélevés doivent respecter les exigences chimiques (C), microbiologiques (P), d’odeurs (O) ainsi que les exigences relatives aux corps étrangers (E).

Contamination des MRF et biosolides

Les matières résiduelles ne doivent pas être contaminés de :

  • Bois verni, peint, teint ou traité
  • Bois d’ingénierie
  • Bois provenant de panneaux à lamelles orientées
  • Contreplaqué
  • Panneau particules
  • Espèces exotiques envahissantes.

Le contrôle de la qualité des MRF doit être réalisé par une firme accréditée pour l’échantillonnage en vertu du programme du Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ).

Certification des MRF et biosolides

D’autre part, le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) propose trois normes pour assurer la qualité des MRF :

Les producteurs de MRF peuvent, dans certain cas, faire certifier leurs résidus auprès du BNQ ce qui permet aux agriculteurs de les épandre sans avoir à obtenir d’autorisation du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Avantages de la valorisation des biosolides municipaux et des autres matières résiduelles fertilisantes


Un tracteur fait l'épandage de matières résiduelles fertilisantes

L’épandage contrôlé des boues est sécuritaire et plusieurs avantages sont liés à cette pratique :

  • Apport de matières organiques et de nutriments aux sols
  • Faible coût pour les municipalités ou les industriels et les agriculteurs
  • Réduction des émissions de gaz à effets de serres

Il y a tout de même certains inconvénients :

  • Odeurs
  • Risque de compaction des sols lors de l’épandage
  • Contrôles réglementaires et administratifs rigides

La valorisation des MRF par épandage au sol, permet d’éviter les émissions de gaz à effet de serre liées à leur élimination par incinération. Des modélisations ont confirmé que l’épandage des boues traitées (biosolides) est carboneutre.

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Références :