Les chambres de rétention et d’infiltration des eaux pluviales : une alternative aux bassins de rétention

Cet article porte sur les chambres de rétention et d’infiltration, une alternative aux bassins de rétention utilisés comme ouvrages de gestion des eaux pluviales. Voyez en quoi elles consistent, quelles sont leurs applications, leurs avantages et leurs limites. Voyez comment les entretenir adéquatement.

Qu’est-ce qu’une chambre de rétention ou d’infiltration ?

Les chambres de rétention servent à retenir temporairement les eaux de ruissellement avant de les évacuer vers un exutoire. Les chambres d’infiltration quant à elles, permettent la recharge de la nappe phréatique par infiltration de l’eau dans le sol. Les chambres de rétention et d’infiltration sont enfouies créant ainsi des bassins souterrains où on pourra retenir les eaux de pluie et de ruissellement jusqu’à ce qu’elles s’infiltrent dans le sol où qu’elles soient évacuées vers un exutoire.

Construction des chambres de rétention et d’infiltration

Les chambres de rétention comme les chambres d’infiltration sont constituées de dômes en plastique annelé fabriqué à partir de matériaux durables et dans certains cas recyclés et recyclables.

Les chambres de rétention et d’infiltrations sont munies d’un fond ouvert permettant l’infiltration de l’eau de pluie ou de ruissellement dans le sol. Les dômes de plastique sont déposés sur une couche de pierre de remblai basée sur une porosité de 40 %. On utilisera le même type de pierre pour les enfouir. Au besoin, on peut même mettre plusieurs étages de dômes les uns par-dessus les autres.

Il est recommandé d’installer un dispositif de prétraitement en amont des chambres pour capturer les sédiments, les débris flottants, les huiles et les graisses. Le transport de ces polluants vers la chambre de rétention ou d’infiltration sera ainsi minimisé et la qualité de la nappe phréatique sera préservée.

Image © Soleno 2021

Le système peut également comprendre un diffuseur, un collecteur, des régulateurs de débit, des regards de contrôle et des regards de dérivation.
Typiquement, les chambres de rétention et d’infiltration ont une durée de vie d’une cinquantaine d’années.

Utilisations typiques des chambres de rétention et d’infiltration

Les chambres de rétention et d’infiltration sont particulièrement utiles dans les zones urbaines, où les surfaces imperméables comme les toits des immeubles, les rues et les stationnements empêchent l’infiltration naturelle des eaux pluviales dans le sol. Certains experts affirment qu’en milieu urbain le ruissellement peut atteindre jusqu’à 55 % du volume des précipitations alors qu’en milieux naturels le ruissellement se limite à 10 % du volume des précipitations.

Les chambres de rétention et d’infiltration permettent la gestion des eaux pluviales sur la parcelle là où l’espace disponible ne permet pas d’utiliser d’autres types d’ouvrages de gestion des eaux pluviales.

Les chambres de rétention permettent de créer des réservoirs souterrains permettant le stockage temporaire des eaux de pluie et de ruissellement.

Comme plusieurs ouvrages de gestion des eaux pluviales (bassins de rétention, noues végétalisées, marais filtrants, etc.), les chambres de rétention et d’infiltration fonctionnent de façon parallèle au réseau d’égout pluvial.

Elles contribuent à la réduction des problèmes d’inondation en aval résultant de l’augmentation des eaux de ruissellement causée par l’imperméabilisation des surfaces, elles améliorent la résilience des villes aux changements climatiques et améliorent la qualité des eaux qui sont rejetées à l’environnement.

On les retrouve dans des développements résidentiels et commerciaux, dans certaines zones industrielles, de même que sous des terrains sportifs. Elles sont particulièrement appropriées pour les petits espaces, mais elles peuvent aussi être utilisées pour retenir de larges volumes d’eau, par exemple sous le stationnement d’un centre commercial.

Avantages des chambres de rétention et d’infiltration

Les chambres de rétention et d’infiltration permettent d’optimiser l’utilisation du terrain, entraînent des coûts d’entretien faibles et posent peu de problèmes esthétiques comparativement aux bassins de rétention.

En plus de recharger la nappe phréatique, les méthodes d’infiltration seraient par ailleurs plus efficaces que les systèmes conventionnels pour éliminer les sédiments fins, les nutriments, les métaux, les bactéries et les substances organiques.

En réduisant le volume de ruissellement, les chambres de rétention et d’infiltration contribuent à minimiser les problèmes de surcharge en aval et à protéger les cours d’eau contre l’érosion. Grâce à leurs dimensions étroites, elles peuvent être utilisées lorsque l’espace est limité.

Drainage et gestion des eaux pluviales

En outre, elles ne présentent pas d’impact thermique ni de problèmes de sécurité.

Inconvénients et limites des chambres de rétention et d’infiltration

En contrepartie, les chambres de rétention et d’infiltration sont moins efficaces que d’autres types d’ouvrages pour le contrôle quantitatif et la composition des sols en place peut être une contrainte. Elles sont dépendantes de la profondeur de la nappe phréatique. D’ailleurs, la contamination possible de cette dernière doit être évaluée.

On devra considérer l’ajout d’un dispositif de prétraitement pour les sites commerciaux ou industriels susceptibles de relâcher des quantités importantes de sédiments ou de polluants comme les stations-service, les haltes routières, les ateliers mécaniques, les centres de recyclage de pièces automobiles, les usines pétrochimiques, les raffineries de pétrole, et les usines de recyclage d’huiles usées, par exemple.

Programme d’inspection et d’entretien des chambres de rétention et d’infiltration

Pour être pleinement efficace, le système doit être entretenu de façon régulière. Le programme d’inspection et d’entretien est généralement facile à mettre en œuvre.

Les inspections et les entretiens peuvent généralement être entièrement effectués de la surface. Ces tâches peuvent être effectuées à travers un puits d’observation ou une cheminée d’accès. Aucun travail en espace clos n’est requis.

La fréquence des inspections doit tenir compte de la quantité de sédiments reçus. Une inspection semi-annuelle est généralement recommandée. Elle consiste à évaluer, à l’aide d’une lampe de poche et d’une tige graduée, la hauteur des sédiments accumulés dans le système de prétraitement.

Lorsque l’accumulation dépasse une certaine hauteur, on procède à la vidange des sédiments pour éviter leur remise en suspension. Cette vidange est simple et s’effectue par un camion de vidange pour fosses septiques.
Les matières recueillies sont traitées et disposées de la même façon que celles recueillies dans des puisards conventionnels, conformément aux règlements locaux en vigueur.

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Relever le défi de la gestion des eaux pluviales sur la parcelle avec les chambres d’infiltration et de rétention

La gestion des eaux pluviales s’avère un défi à relever pour les municipalités. Les chambres d’infiltration représentent une solution particulièrement intéressante pour la rétention et l’infiltration souterraines des eaux pluviales dans les petits espaces. Il s’agit d’un moyen efficace de préserver la valeur des terrains et de protéger les ressources en eau.

Pour en apprendre davantage sur d’autres types d’ouvrage de gestion des eaux pluviales, consultez l’article : Neuf types d’ouvrages de gestion des eaux pluviales utilisées au Québec.


Les chambres de rétention et les chambres d’infiltration sont formées de voûtes en plastique à fond ouvert que l’on enfouie sous terre.

Les chambres de rétention

Les chambres de rétention permettent le stockage temporaires des eaux de pluie et de ruissellement avant leur évacuation vers un exutoire.

Les chambres d’infiltration

En plus de stocker temporairement les eaux de pluie et de ruissellement, Les chambres d’infiltration permettent la recharge de la nappe phréatique locale par infiltration dans les sols.



Références :